Histoire d'appli · 7 min de lecture
Il n'a pas cherché d'idée neuve, il a pris l'app la plus copiée du monde et l'a refaite dans sa langue
Tomer a 23 ans et vient du marketing. Le code n'a jamais été son métier. En mars 2025, il écoute un podcast. Le fondateur d'une appli américaine y raconte comment elle a dépassé 1 million de dollars par mois. 2 mois plus tard, la même appli existe en hébreu. C'est la sienne.
4 septembre 2026

CalBuddy
CALBUDDY TECHNOLOGIES LTD
Annoncé
80 000 $
par mois
Source : son passage sur le podcast Starter Story
Vérifié
79 043 $
sur 30 jours
Source : TrustMRR, lu dans RevenueCat avec la clé d'accès du fondateur, le 27 avril 2026
Au sommaire, 11 parties
- Qui est Tomer ?
- Quelle appli a-t-il copiée ?
- Pourquoi Israël, et pourquoi les calories ?
- Copier, est-ce que ça suffit ?
- Combien de temps pour la construire ?
- Comment il est passé de 1 000 à 20 000 dollars
- Puis de 20 000 à 80 000
- Combien ça lui coûte de la faire tourner ?
- Combien elle gagne vraiment
- Ce qui le protège, et son point faible
- Et sur ton marché ?
Il existe une façon de gagner de l'argent avec une appli sans avoir d'idée neuve. Il faut regarder une carte. Et y voir un endroit où le meilleur produit du monde n'est jamais arrivé.
Qui est Tomer ?
23 ans, Tel-Aviv. Il vient du marketing, un parcours qu'il juge lui-même profondément ennuyeux.
Il a appris un peu de code au lycée, puis seul. Il n'en a jamais fait son métier.
En mars 2025, il cherche une affaire à monter, sans rien inventer. Tout ce qui suit part de là.
Quelle appli a-t-il copiée ?
Il écoute un podcast où parle Zach, le fondateur de Cal AI. C'est un compteur de calories américain. Zach raconte comment l'appli a dépassé 1 million de dollars par mois.
Le principe est simple. Tu prends ton assiette en photo, et l'appli te donne les calories. Elle donne aussi les macronutriments : les protéines, les glucides et les graisses.
Tomer en tire une leçon.
Que l'app existe déjà ne change rien, si personne ne la connaît sur mon marché.
Il cherche l'endroit où Cal AI n'est pas. Il n'essaie pas de faire mieux qu'elle.
Pourquoi Israël, et pourquoi les calories ?
Les 2 réponses viennent de la même limite : Israël compte moins de 10 millions d'habitants.
Dans un pays aussi petit, une appli sur un sujet trop étroit ne fait vivre personne. Il faut une catégorie de l'App Store assez large, pour que même une petite part des gens suffise.
La nutrition et le sport forment l'une des plus grandes catégories de l'App Store. Et Tomer connaît ce milieu de près. C'était le seul choix qui cochait les 2 cases.
Copier, est-ce que ça suffit ?
Non. Et c'est ce que la plupart des gens ratent quand ils entendent le mot copier.
La fonction principale est restée la même. Tout le reste a changé.
La langue, bien sûr. La liste des aliments aussi : elle suit ce que mangent les Israéliens, avec leurs mots à eux. Puis l'apparence et les contenus, refaits autour de la façon dont on vit le sport en Israël.
Un plombier américain et un plombier israélien vendent le même service. Pourtant, ils ne font pas le même métier. Ici, la traduction est le produit lui-même.
Combien de temps pour la construire ?
2 semaines pour un prototype, une version d'essai. Elle avait déjà toutes les fonctions principales.
Il n'était pas développeur. Il s'est servi des outils d'intelligence artificielle qui aident à écrire du code. Ils venaient juste d'arriver.
Ce qui a pris du temps, ce sont les étapes chez Apple. Il a fallu s'inscrire à son programme pour les développeurs. Puis passer la vérification d'Apple, qui teste chaque appli avant de l'accepter sur l'App Store.
La fiche de l'appli sur l'App Store date sa sortie du 29 mai 2025. C'est environ 2 mois après qu'il a commencé à coder.
Comment il est passé de 1 000 à 20 000 dollars
Avec de la pub payante, entre juin et octobre 2025. Le 1er mois rapporte 1 000 dollars. Le 4e en rapporte 20 000.
Son avantage tient à un calcul.
En Israël, faire voir une pub 1 000 fois coûte bien moins cher qu'aux États-Unis. Avec un petit budget, il peut donc tester, et trouver ce qui marche. Une campagne de pub peut même y rapporter plus qu'elle ne coûte. Ailleurs, la même campagne n'y arriverait pas.
Il le résume sans détour. Chaque façon d'aller chercher des clients fonctionne. La seule question, c'est laquelle marche le mieux sur ton marché à toi.
Puis de 20 000 à 80 000
Avec des influenceurs, ces gens suivis par beaucoup de monde sur les réseaux. Mais pas comme tout le monde.
Dans son pays, les gros comptes font payer une somme fixe pour chaque publication. Tomer refuse. Il leur propose plutôt une part des ventes.
En échange, ils s'engagent par écrit. Un nombre précis de contenus. Un nombre précis de jours de tournage par mois. L'influenceur touche un pourcentage de tout ce que l'appli encaisse en Israël.
Et surtout, il attend de gagner 20 000 dollars par mois avant d'aller les voir.
C'est la décision qui lui rapporte le plus dans toute cette histoire. Et elle ne coûte rien.
À 0 dollar par mois, c'est lui qui aurait eu besoin d'eux. Il aurait sans doute cédé la moitié de son affaire. À 20 000 dollars, il négocie avec une preuve dans la main.
Combien ça lui coûte de la faire tourner ?
Environ 355 dollars d'outils par mois. Pour une appli qui en encaisse plus de 80 000.
Il n'a pas de serveur à lui, l'ordinateur qui fait tourner une appli en coulisses. Pas d'équipe technique, pas de bureau.
Les écrans de l'appli tournent sur Expo, un outil pour fabriquer des applis. Ses données et ses fichiers sont rangés chez Supabase. Sentry le prévient quand l'appli a un bug. Ses abonnements sont gérés par RevenueCat, un outil fait pour ça. Le reste tourne avec Node, un outil de code très courant.
N'importe qui peut brancher ces outils le jour même, au même prix que lui.
Ce qui le sépare d'un autre ne tient donc pas à ses outils. Mauvaise nouvelle si tu espérais un outil secret. Bonne nouvelle pour tous les autres.
Combien elle gagne vraiment
Sur le podcast Starter Story, Tomer annonce plus de 80 000 dollars par mois.
Le site TrustMRR montre des revenus vérifiés. Il lit les ventes directement dans RevenueCat, l'outil qui gère les abonnements de CalBuddy. Le 27 avril 2026, sa fiche affichait 79 043 dollars sur 30 jours, pour 10 718 abonnements actifs.
Le chiffre tient. Je l'écris parce que c'est vrai. Vérifier, c'est aussi savoir dire quand un chiffre est juste. Sinon, on fait un procès.
Mais la même fiche donne un autre chiffre, qui en dit plus. Son revenu récurrent mensuel, l'argent des abonnements compté mois par mois, est de 33 620 dollars. C'est moins de la moitié de ce qui rentre en caisse.
Les 2 chiffres sont exacts. Ils ne répondent pas à la même question.
L'appli se vend surtout en abonnement annuel : on la paie pour 1 an d'un coup, autour de 30 dollars. Quand quelqu'un s'abonne, les 12 mois arrivent en caisse le jour même.
La caisse compte donc l'année entière. Le revenu récurrent, lui, découpe l'année en 12 et n'en compte qu'une part par mois.
Le chiffre de la caisse dit ce que Tomer encaisse aujourd'hui. Le revenu récurrent dit ce sur quoi il peut compter l'an prochain, sans vendre un seul abonnement de plus.
Un fondateur qui annonce le chiffre de la caisse dit vrai. Il donne juste le plus grand des 2. Et presque personne ne lui demande lequel il vient de citer.
Ce qui le protège, et son point faible
Quand tu fais une appli seul, une idée neuve est ce qui te protège le moins. Aujourd'hui, n'importe qui fait une appli en 2 semaines.
Ce qui résiste aux copieurs, c'est la marque. Et la façon d'arriver jusqu'aux gens.
Tomer l'explique avec un calcul d'économiste. Si un nouvel utilisateur lui coûte moitié moins qu'à son concurrent, il garde plus d'argent disponible. Avec plus d'argent, il peut dépenser plus pour grandir. Alors l'écart avec son concurrent ne fait que se creuser.
Il y a aussi un risque, dont il ne parle pas.
Son revenu passe par 2 ou 3 gros influenceurs. C'est fragile. Imagine que l'un d'eux s'en aille, veuille revoir l'accord ou se grille en public. Une partie des gens qu'il amenait part alors avec lui.
Payer les influenceurs avec une part des ventes a fait grandir l'appli. Mais ça a aussi mis entre leurs mains une partie de ce qui fait sa valeur.
Et sur ton marché ?
J'ai relevé ses avis en écrivant cet article. CalBuddy en a 2 467 sur l'App Store israélien. Sur l'App Store américain, la même appli en a 37.
C'est l'appli d'un seul pays. Et c'est justement ce qui l'a rendue possible.
Israël compte un peu moins de 10 millions d'habitants. La France en compte près de 7 fois plus.
Cherche un équivalent français de la même appli, et tu trouveras une poignée de fiches. Aucune n'a d'éditeur identifiable : on ne sait pas qui la publie. Et aucune n'a un seul avis.
Mon analyse
Pourquoi ça marche
- La fonction principale reprise telle quelle, tout le reste refait pour Israël
- Un petit budget de test, dans un pays où montrer une pub coûte moins cher qu'aux États-Unis
- Des influenceurs payés avec une part des ventes, contactés seulement une fois 20 000 dollars par mois atteints
Ce qui ne se copie pas
- Sa marque en Israël et sa façon de s'y faire connaître, bien plus que son code
- Chaque nouvel utilisateur lui coûte moins cher qu'à son concurrent, et l'écart grandit au lieu de se refermer
Ce qui se copie
- 355 dollars d'outils par mois, que n'importe qui peut brancher le jour même
- Un revenu qui passe par 2 ou 3 gros influenceurs, et qui peut tomber en partie si l'un d'eux s'en va
- Aucun équivalent qu'on puisse identifier en France, qui compte près de 7 fois plus d'habitants
Et toi, tu en es où ?
Ce chiffre est le sien. Moi, je ne promets pas de revenus : je t'apprends à construire ton appli et à la publier.
Trouver les applis qui montent, sur AppiviewSources
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