Histoire d'appli · 5 min de lecture
Il a construit son app en 3 jours, puis a raconté comment. Aujourd'hui 46 autres portent presque le même nom
Mau a un diplôme de finance et aucune formation technique. En avril 2025, il repère une appli chrétienne qui bloque le téléphone jusqu'à la prière. Il en sort sa version en 3 jours, et il explique sa méthode en public. 16 mois plus tard, l'App Store américain en compte 47 du même genre.
7 septembre 2026

prayer lock: christian focus
Covenant Studios, LLC
Annoncé
100 000 $
par mois
Source : son associé Ernesto Lopez, qui annonce en public 1 million de dollars par an au rythme des abonnements du moment, 4 mois après la création de leur société
Au sommaire, 8 parties
Une appli qui refuse de te laisser ouvrir Instagram tant que tu n'as pas prié. L'idée n'est pas de lui. Il l'a vue ailleurs, il l'a refaite, et il a expliqué comment devant une caméra.
Qui est Mau ?
Il s'appelle Mauricio Baron. Il a un diplôme de finance, et aucune formation d'ingénieur.
À partir de 2022, il apprend l'intelligence artificielle tout seul. Il enchaîne les projets qui ne mènent nulle part.
En janvier 2025, il laisse tomber le projet sur lequel il travaillait. Sa raison, il l'assume : il ne voulait pas gagner sa vie avec.
Il cherche alors quelque chose à construire, dans un domaine où il se reconnaît. Il regarde du côté des applis chrétiennes.
Quelle appli a-t-il reprise ?
Une appli qui existait déjà, et qui marchait : Pray Screen. Elle est sortie en novembre 2024. Elle a aujourd'hui plus de 9 000 avis sur l'App Store américain.
Avec elle, tu ouvres une appli qui te fait perdre du temps, et l'écran t'arrête. Il faut prier pour continuer.
Mau garde la même idée. Il regarde ce que Pray Screen fait mal, et il refait la même en mieux.
Chez lui, l'écran pose 2 questions courtes. L'une sur ton humeur, l'autre sur ton lien avec Dieu. Puis l'écran crée une prière qui tient compte de tes réponses. Ensuite seulement, l'appli s'ouvre.
Combien de temps pour la construire ?
3 jours.
Le code, il le fait écrire à sa place. L'appli sort fin avril 2025. Sur le papier, rien ne la distingue de Pray Screen : même promesse, même geste, même public.
Ce qui a fait la différence est arrivé après. Et ça n'avait rien à voir avec l'appli.
Comment elle a grandi
Par la quantité, et par la répétition.
Il publie sur TikTok jusqu'à 40 vidéos par jour, sur 12 comptes. Il cherche jusqu'à trouver le format qui marche. Une personne filmée qui réagit, puis on montre l'appli juste après.
Quand le format est trouvé, il met de l'argent dessus. D'abord 4 000 dollars, puis il en remet 6 000. Ce sont des pubs TikTok, faites avec les vidéos qui marchaient déjà.
Un essai gratuit, c'est quelqu'un qui teste l'appli sans payer au début. Chacun ne lui coûte plus que 3 dollars.
Les chiffres suivent. Un peu plus de 10 754 dollars en octobre, puis novembre, puis 21 097 dollars en décembre.
Ça fait 50 % de plus chaque mois, pour une appli qui a demandé 3 jours de travail.
Combien elle gagne vraiment
Je ne le sais pas, et je préfère l'écrire.
Les montants d'octobre à décembre viennent du fondateur. Il montre des captures d'écran pour les prouver.
Le chiffre qui circule aujourd'hui vient de son associé, sur les réseaux. Il parle de 1 million de dollars de revenu annuel récurrent. C'est l'argent que les abonnements rapportent sur 1 an, au rythme du moment. Il l'annonce 4 mois après la création de leur société.
Un prestataire de paiement indépendant, c'est une société extérieure qui encaisse l'argent des clients. Pour cette appli, aucun ne publie de relevé. Les 2 fondateurs dont j'ai déjà parlé ici, eux, en avaient un.
Alors j'ai mesuré autre chose, que personne ne déclare et qui ne se discute pas.
Ce que les autres ont fait de sa méthode
Le 7 septembre 2026, j'ai cherché sur l'App Store américain. J'ai noté toutes les applis où il faut prier pour débloquer son téléphone. J'en ai compté 47.
Il y en avait 6 avant la sienne. Puis 5 dans les mois d'après sa sortie. Les 33 autres sont apparues entre janvier et août 2026.
Autrement dit, dans les mois qui ont suivi le moment où il a expliqué sa méthode en public.
Les noms se ressemblent tellement qu'on les confond. La même formule revient, sous des dizaines de formes. Il y a même une version musulmane du même geste.
Elles sont publiées par des sociétés différentes, sur 4 continents. Ces sociétés, on les appelle des éditeurs.
Pourquoi presque aucune n'a marché ?
Parce qu'un nom copié n'apporte pas les clients.
Sur les 33 applis sorties en 2026, la grande majorité a entre 0 et 50 avis. Seules 4 dépassent 200 avis. Aucune n'approche l'appli de Mau, ni Pray Screen, celle qu'il avait lui-même reprise.
Les copies ont repris l'appli, qui demandait 3 jours. Elles n'ont pas repris sa machine de distribution, tout ce qui fait venir les gens vers l'appli. Elle demandait 40 vidéos par jour, 12 comptes et des mois d'essais. Plus 10 000 dollars de pub, une fois le format trouvé.
L'écart entre Mau et les copies se voit dans le nombre d'avis. Il n'est pas mince : 2 ordres de grandeur, c'est-à-dire à peu près 100 fois plus.
Ce que j'en retiens
Une bonne idée n'est pas protégée. Et elle n'a pas besoin de l'être.
Mau a repris une appli qui existait. 46 personnes lui ont rendu la pareille, sans lui prendre sa place.
Autre leçon, plus gênante : raconter sa méthode fabrique ses concurrents.
Mau l'a fait quand même. Ça ne lui a rien coûté qu'on puisse mesurer. Parce que ce qu'il a raconté ne se refaisait pas en 3 jours.
Mon analyse
Pourquoi ça marche
- Une appli qui existait déjà, refaite en mieux en 3 jours
- Jusqu'à 40 vidéos par jour sur 12 comptes, le temps de trouver le format qui marche
- 10 000 dollars de pub, mis seulement une fois le format trouvé
Ce qui ne se copie pas
- Sa machine pour faire venir les gens, des mois d'essais que 46 copies n'ont pas refaits
- Environ 100 fois plus d'avis que les copies sorties en 2026
- 47 applis sur la même idée, la place est déjà prise
Ce qui se copie
- L'appli elle-même, 3 jours de travail, que 46 éditeurs ont refaite sans lui prendre sa place
Et toi, tu en es où ?
Ce chiffre est le sien. Moi, je ne promets pas de revenus : je t'apprends à construire ton appli et à la publier.
Trouver les applis qui montent, sur AppiviewSources
À lire ensuite
Histoire d'appli
Il a 22 ans, son application de musculation annonce 160 000 dollars par mois, et il en reverse presque la moitié à ceux qui la filment
6 min de lecture
Histoire d'appli
Son application pose 25 questions avant d'afficher son prix, et presque personne n'abandonne
8 min de lecture