Histoire d'appli · 7 min de lecture
Elle a fabriqué l'audience avant l'application, et mon classement dit pourquoi la copier ne suffira pas
Sarah Perl a 1,2 million d'abonnés sur Instagram et 2,8 millions sur TikTok. Sa première appli est en ligne depuis janvier. Elle ne décolle qu'au printemps. Et 2 mois plus tard, son tableau de bord affiche 341 537 dollars de revenu récurrent mensuel. C'est ce que ses 12 379 abonnements payants rapporteraient sur un mois plein. Chaque nuit, je relève les classements d'Apple. Stella y est tous les jours parmi les applis qui gagnent le plus. Et presque jamais parmi les plus téléchargées.
8 septembre 2026

Stella - Manifest Anything
Perl Productions LLC
Annoncé
341 537 $
par mois
Source : le revenu récurrent mensuel que la fondatrice montre à l'écran pendant l'entretien de juillet 2026, sur RevenueCat, l'outil qui suit ses abonnements
Estimé
207 609 $
par mois
Source : l'estimation de mon outil Appiview, sur le seul App Store américain, entre 96 139 et 448 324 dollars, confiance moyenne
Au sommaire, 8 parties
Presque tout le monde construit une appli, puis cherche comment la faire connaître. Sarah Perl a fait l'inverse. C'est la seule chose de cette histoire que tu peux vraiment refaire, toi aussi.
Qui est Sarah Perl ?
Elle étudie pour devenir enseignante quand ses 3 premières vidéos sur TikTok deviennent virales.
Elle abandonne la classe et commence à gagner de l'argent avec son audience. Puis elle lance une marque sur la boutique de TikTok. Selon elle, cette marque atteint 7 chiffres par mois, soit au moins 1 million.
Aujourd'hui, elle a 1,2 million d'abonnés sur Instagram et 2,8 millions sur TikTok. Elle dit avoir fait plus d'un milliard de vues en tout.
Stella est sa première appli. Elle n'avait jamais écrit de code.
Que fait l'appli ?
Tu lui dis ce que tu veux obtenir.
Elle te fabrique une visualisation audio, un enregistrement rien que pour toi. Il est raconté par ton futur toi, celui qui l'a déjà obtenu. Elle te donne aussi une affirmation neuve chaque jour : une phrase positive à te redire.
C'est tout, et c'est voulu. Aucune fonction en plus, aucun réglage, rien à comprendre.
Une appli qui tient en une phrase se montre dans une vidéo de 10 secondes. Et tout le reste vient de là.
Combien elle gagne vraiment
Pendant son entretien sur la chaîne YouTube Starter Story, elle partage son écran. Elle ouvre son tableau de bord RevenueCat, l'outil qui suit les abonnements de son appli.
On y lit 341 537 dollars de revenu récurrent mensuel. C'est ce que ses abonnements en cours rapporteraient sur un mois plein.
On y lit aussi 12 379 abonnements actifs. Et 6 143 essais en cours : des gens qui testent l'appli sans avoir encore payé.
La plupart des fondateurs annoncent un chiffre. Elle, elle le montre.
Mon outil Appiview, lui, place Stella autour de 207 609 dollars par mois.
Personne ne peut connaître le chiffre exact d'une appli sans être dedans. Alors mon outil donne une fourchette, un bas et un haut : de 96 139 à 448 324 dollars. Il dit aussi à quel point il est sûr de lui : c'est le niveau de confiance. Ici, il est moyen.
Les 2 chiffres ne se contredisent pas, et l'écart s'explique simplement.
Son tableau compte tous ses abonnements en cours, où qu'ils soient vendus et dans tous les pays. Moi, je mesure ce qui passe par l'App Store américain, et rien d'autre.
Et son revenu récurrent ne dit pas ce qui est tombé en caisse ce mois-ci. Ce sont 2 chiffres justes, pour 2 questions différentes.
Ses propres compteurs montrent 12 000 abonnements payants pour un peu plus de 200 000 téléchargements. Ça fait 6 % : sur 100 téléchargements, 6 finissent en abonnement payant. D'habitude, une appli grand public en transforme entre 1 et 3 sur 100.
Et le prix est plutôt haut : environ 28 dollars par abonnement et par mois. Si autant de gens paient quand même, c'est qu'ils la connaissaient, elle, avant de connaître l'appli.
Ce que mes relevés voient et que personne ne regarde
Chaque nuit, je relève les 100 premières applis de chaque catégorie, avec mon outil Appiview. Je le fais dans les 2 classements d'Apple : les applis qui gagnent le plus, et les plus téléchargées.
Du 25 août au 8 septembre, Stella est tous les jours dans le premier, en catégorie Forme et santé. Elle y tient entre la 80e et la 92e place.
Dans celui des téléchargements gratuits, même catégorie, elle n'apparaît que 4 jours sur 15.
Autrement dit, elle gagne de l'argent comme une appli du haut du classement. Mais elle se fait télécharger comme une appli qui n'y est pas.
La plupart font l'inverse : beaucoup de téléchargements, et peu de gens qui paient. Stella vit d'un petit flot de nouveaux venus, qui paient bien plus souvent.
Les 7 et 8 septembre, elle remonte à la 51e puis à la 60e place des téléchargements. La veille, elle était 96e. Les jours d'avant, elle n'y était pas.
Dans l'autre classement, celui de l'argent, son rang n'a pas bougé. Quelque chose la pousse en ce moment même, et la caisse ne l'a pas encore enregistré.
Pourquoi les 60 jours ne comptent pas ce qu'on croit
L'histoire circule avec un titre simple : 300 000 par mois en 60 jours.
Sa page sur l'App Store, elle, donne une date de sortie : le 28 janvier 2026. Et l'entretien date de juillet.
Il y a donc environ 5 mois entre la sortie de l'appli et le début des 2 mois qu'on compte. Les 60 jours mesurent la montée. Ils ne comptent pas le temps de construction.
Si tu reprends cette recette en croyant avoir 2 mois devant toi, tu te trompes de calendrier.
Pour la partie technique, en revanche, les chiffres sont les bons. Une première version en 2 jours. L'appli complète en 2 à 3 mois.
Elle l'a écrite avec Claude Code et Google AI Studio, 2 outils d'IA qui aident à coder. Et elle ne savait pas programmer.
Peut-on reprendre cette appli ?
Le produit, oui, et vite.
J'ai une note pour ça, l'attaquabilité. Elle va de 0 à 100 : plus elle est haute, plus il serait facile de lui prendre sa place. Le 8 septembre, elle plaçait Stella à 55 sur 100.
Son éditeur, la société qui la publie, n'a que cette appli. Et il n'y a pas grand-chose de technique derrière un audio fabriqué par la machine. Quelqu'un de sérieux refait ça en une semaine.
Ce qui ne se reprend pas, c'est l'ordre dans lequel elle a travaillé.
Sa méthode tient en une phrase, qu'elle donne à la fin de l'entretien. Tout le monde travaille dans un sens. Elle, elle travaille à l'envers : d'abord le contenu et la distribution, ensuite le produit. La distribution, c'est le moyen d'arriver devant les gens.
Elle publie. Elle lit les commentaires. Elle repère la phrase qui revient. Et l'appli est la réponse à cette phrase. Le produit n'a pas besoin d'aller chercher un public : il naît déjà dedans.
Le reste de sa méthode suit la même idée.
Ses vidéos d'affirmations demandent de répéter pendant 7 jours. Donc les gens les enregistrent. Donc l'algorithme, le programme qui choisit quelles vidéos tu vois, les diffuse encore. Sur son profil, les compteurs montent jusqu'à 6 millions de vues pour une seule vidéo.
Si tu commentes un mot sous sa publication, un robot t'envoie le lien en message. Elle demande à ceux qui laissent un avis de le lui dire, pour les remercier elle-même.
Chacun de ces gestes est gratuit. Aucun n'est technique. Et c'est leur somme qui fait son taux de conversion : la part des gens qui téléchargent, puis paient.
Sa formule est brutale et sans doute juste : le meilleur produit ne gagne pas, le plus connu gagne.
« Les femmes vont dominer l'App Store » : est-ce sérieux ?
C'est sa phrase, et elle l'assume. Son argument tient en 2 temps.
D'abord, la barrière technique vient de tomber. Ensuite, la distribution est maintenant tenue par les créateurs de contenu, ceux qui publient sur les réseaux. Et ce sont en majorité des créatrices.
Il y en a un 3e, qu'elle glisse presque en passant. C'est le plus utile de tout l'entretien.
Elle a trouvé cette idée parce qu'elle est le marché : elle est elle-même la cliente. Aucun homme n'aurait construit Stella. Parce qu'aucun homme n'a jamais cherché cette chose-là, ni vu qu'elle n'existait pas.
Le producteur de l'émission le confirme en direct, en riant. Il reconnaît que son audience est masculine à 93 %.
Garde cette limite en tête quand tu lis un classement, même le mien. Un classement montre ce qui existe et se défend mal. Il ne montrera jamais ce qui manque, parce qu'un manque n'a pas de rang.
Cette information-là, tu l'as déjà. Elle est dans ce que tu es seul à trouver normal.
Ce qu'on en retient
Une idée simple. Une première version en 2 jours. Un marché que personne n'avait servi. Et une audience construite des années avant l'appli qu'elle allait vendre.
Rien là-dedans n'est un secret. Et une seule de ces 4 choses ne se rattrape pas en un mois.
L'analyse Appiview
Statistiques parNote d'attaquabilité 62 sur 100, relevée le 13 septembre 2026. Plus elle est haute, plus il serait facile de lui prendre sa place.
Pourquoi ça marche
- 4 millions d'abonnés, réunis des années avant l'appli
- Une appli qui tient en une phrase et se montre en 10 secondes de vidéo
- 6 % des téléchargements finissent en abonnement payant, contre 1 à 3 % d'habitude
Ce qui ne se copie pas
- L'ordre de travail : le contenu et la distribution d'abord, le produit ensuite
- Un public qui la connaissait avant l'appli
- Des gestes gratuits que seul son compte peut faire marcher : vidéos, robot de messages, remerciements
Ce qui se copie
- Un audio fabriqué par la machine, que quelqu'un de sérieux refait en une semaine
- Une seule appli chez son éditeur, la société qui la publie
- Présente parmi les applis qui gagnent le plus, presque jamais parmi les plus téléchargées
Et toi, tu en es où ?
Ce chiffre est le sien. Moi, je ne promets pas de revenus : je t'apprends à construire ton appli et à la publier.
Trouver les applis qui montent, sur AppiviewSources
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